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Présentation de Farid Ben Malek

 

Farid Ben Malek est le champion de France de Go 1993, 1998, 2002 et est le vainqueur de l'Obayashi Cup en 1998.

Il a 32 ans et vit à Paris. Il organise des stages de go dans les entreprises et donne des cours particuliers, en direct ou par Internet.

 

 

Interview de Farid Ben Malek :

Journaliste : Quand et où avez-vous appris à jouer?

Farid Ben Malek : J'ai d'abord appris à jouer aux échecs, vers 5 ans, et jusqu'à 16 ans j'y jouais notamment avec un ami que je massacrais tout le temps... Il a alors voulu m'apprendre à jouer au go pour pouvoir me battre (rires). Mais après 2 parties à 9 pierres de handicap, je suis parti en pleurant, très déçu de perdre de 100 points ! Ce n'est que 4 ans plus tard (j'avais 15 ans) que je suis revenu vraiment au go, à l'occasion d'une nuit du jeu à Lyon en juin 1985. J'ai passé la nuit au stand du jeu de go (avec Emmanuel Dockes) et en septembre je suis entré au club. J'ai trouvé le go bien plus intéressant que les échecs car j'étais lassé des parties nulles. Ma première motivation : devenir 1er kyu en 1 an pour pourvoir participer au championnat du Monde des jeunes à Taiwan. J'ai réussi ! En 11 mois, j'étais IIème dan...

Journaliste : Vous êtes parti étudier le go au Japon pendant 1 an 1/2. Qu'est-ce que cela vous a apporté?

Farid Ben Malek : Je suis parti là-bas de janvier 1991 à juillet 1992 pour le go mais aussi pour mieux connaître le Japon car un précédent voyage de quelques mois m'avait fait découvrir ce pays : j'y avais notamment vu les inseis (apprentis de go) dans la maison des maîtres! Je suis donc parti IVème dan et je suis revenu VIème dan. C'est Chizu Kobayashi, Vème dan professionel, qui fut mon maître. Par contre, j'ai été très surpris par ce qui m'attendait là-bas ! 12 heures de go par jour, 7 jours sur 7, 1 mois de vacances par an...! En fait, le go, qui était un jeu pour moi, s'est transformé en un travail épuisant. En rentrant, on peut dire que j'étais techniquement VIème dan, mais j'avais perdu beaucoup de ma motivation.

Journaliste : Que vous manque-t-il actuellement pour devenir par exemple... Champion d'Europe ?
Quelles sont vos possibilités de progression ici, en France ?

Farid Ben Malek : Pour progresser, il faut travailler et jouer avec des joueurs beaucoup plus forts que soi. Je travaille, notament grace aux livres que j'ai ramenés du Japon (et qui me servent aussi dans la préparation des cours que je donne). Et je joue sur KGS. J'y rencontre des adversaires venant de tout horizon. Cela me permet de me frotter à des styles très différents, c'est bien. Et je prends parfois aussi des cours.

Journaliste : Vous vous occupez beaucoup de pédagogie actuellement. Vous donnez des cours, en direct mais aussi par Internet. Cela vous apporte-t-il quelque chose ?

Farid Ben Malek : Oui beaucoup ! Enseigner oblige le professeur à revoir tous les principes, toutes les notions essentielles et à les formuler de manière compréhensible à chaque élève. Ce travail me permet une plus grande intégration de ces notions. De plus j'apprécie aussi énormement les contacts privilégiés qui se créent avec les élèves et j'ai beaucoup de plaisir à les voir progresser, gagner des parties et des competitions. Je vous assure que quand vous voyez un de vos élèves devenir Champion de France scolaire, c’est aussi merveilleux que de gagner un titre soi-meme !

Journaliste : Des VIème Dan, il n'y en a pas tellement. Les gens sont impressionnés quand ils vous parlent bien que vous soyez encore bien jeune. Comment vivez-vous cela ?

Farid Ben Malek : J'espère toujours que les gens m'apprécient pour autre chose que mon niveau ! Mais je dois avouer que ce rapport de pouvoir permet de faciliter les contacts. J'essaie toujours de ne pas mettre de distance entre les gens et moi sous prétexte que je suis plus fort au go. Et puis le milieu du go est très sympa; je n'y ai jamais vraiment ressenti de barrière comme c'est le cas aux échecs. En fait, ça viens plutôt des joueurs moins forts qui " n'osent pas "...

Journaliste : Quel but peut-on avoir quand on est VIème dan ? Etre VIIème dan ?

Farid Ben Malek : Non, être IXème dan (rires). Et puis de toutes façon, si un jour je sens qu'il n'y a plus vraiment de progrès possible, je pense que ce sera largement compensé par le fait de pouvoir faire progresser les autres ; surtout les jeunes. Quoi de mieux que de pouvoir se dire " S'il y a plus de joueurs forts en France qu'au Japon c'est un peu grâce à moi "? (rires)

Journaliste : Quels conseils donnez-vous àun joueur 10-8ème Kyu pour progresser ?

Farid Ben Malek : Prendre des cours avec moi! (rires). Jouer et travailler les tesujis, le tsumego, apprendre des parties de pros; mais pas les josekis. Quand j'ai commencé le go, j'avais appris par coeur " 38 Basic Josekis " et 3 mois après, j'avais tout oublié! Peut-être une exception quand même : les josekis sur le hoshi (jeu à 9 pierres de handicap). Enfin, comme le dit si bien Maître Lim : " Il faut se méfier des opinions établies. Il faut se faire sa propre opinion ".

Interview parue dans la "Revue Française de Go" n°83, modifié le 26/11/02.

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